
Règlement FFPJP · 11 octobre 2026
Ligne de perte et ficelle : comment juger une boule limite
Une boule proche d’une ficelle ne se juge pas à l’impression : identifiez la vraie ligne de perte et vérifiez son aplomb avant de la déclarer nulle.Règlement FFPJP · jugement d’une boule limite
Une boule qui s’arrête au bord d’un terrain ne se juge pas à l’impression. La question utile est précise : la boule a-t-elle entièrement dépassé l’aplomb de la ligne de perte ? La ficelle guide le regard, mais elle ne transforme pas chaque contact visuel en boule nulle.
La première décision : quelle ligne compte vraiment ?
Sur un boulodrome, plusieurs traits attirent l’œil : une ficelle latérale, une planche d’arrêt, une marque ancienne dans le gravier ou la ligne d’un cadre voisin. Ils n’ont pas tous la même valeur. Le règlement officiel de la pétanque distingue le terrain autorisé, les lignes de perte et les ficelles qui séparent des jeux. Avant de regarder la boule, il faut donc savoir quelle limite s’applique au terrain de la partie.
Dans un concours sur terrains tracés, les lignes de fond du cadre sont des lignes de perte. Les ficelles qui séparent des terrains ne le sont pas automatiquement. Lorsque des terrains sont placés bout à bout sans séparation matérielle, la ligne de fond du cadre peut devenir la limite de perte. Cette différence explique de nombreux désaccords : un joueur voit une ficelle, l’autre voit une ligne de fond, mais ils ne parlent pas de la même limite.
Une ficelle délimite, mais ne doit pas fausser le jeu
La ficelle sert à matérialiser proprement les aires de jeu. Les recommandations FFPJP sur les boulodromes insistent sur une limite fine, amovible et suffisamment tendue pour ne pas influencer le déroulement de la partie. Elle n’est pas un obstacle que l’on interprète comme une planche : elle donne une référence visuelle et géométrique.
Une ficelle détendue, enfouie sous le gravier ou déplacée par un passage peut rendre la décision moins lisible. Cela ne donne pas aux joueurs le droit de choisir eux-mêmes une nouvelle ligne. Signalez l’anomalie à l’organisation et gardez la boule en place. L’arbitre peut apprécier l’état du terrain et décider de la méthode de contrôle.
| Ce que l’on voit | Ce que cela peut être | Réflexe correct |
|---|---|---|
| Ficelle entre deux cadres | Ligne de séparation, pas forcément perte | Vérifier le plan du terrain |
| Ficelle du bord extérieur | Limite du cadre de jeu | Comparer avec l’aplomb |
| Planche au fond | Arrêt de boules, parfois au-delà de la zone | Identifier la ligne de perte prévue |
| Trait ancien dans le sol | Repère sans valeur actuelle | Demander à l’organisation |
Le conseil Paquita : au début d’un concours, faites un tour du cadre avec votre équipe. Vous gagnerez du temps le jour où une boule s’immobilisera à deux millimètres de la limite.
La boule n’est nulle que lorsqu’elle a entièrement dépassé l’aplomb
La règle décisive est souvent mal racontée : une boule n’est pas nulle parce qu’elle touche visuellement la ficelle, ni parce qu’une partie de sa masse semble au-delà. Elle devient nulle lorsqu’elle a entièrement dépassé la limite du terrain autorisé ou la ligne de perte, c’est-à-dire lorsqu’elle se trouve entièrement au-delà de l’aplomb de cette limite.
Imaginez une verticale qui descend depuis le bord extérieur de la ligne. Tant qu’une portion de la boule reste du côté intérieur de cette verticale, la boule est encore bonne. Le diamètre de la boule compte donc autant que la position de son centre. Une vue prise depuis le cercle peut donner une fausse impression, surtout si le sol est en pente.
La méthode de vérification en trois temps
Une bonne vérification est calme, courte et reproductible. Elle ne doit pas devenir une discussion de points de vue. Laissez la boule où elle se trouve, écartez les joueurs qui masquent la limite et procédez dans cet ordre :
- Repérer la limite active : fond de cadre, ligne extérieure ou autre frontière prévue par l’organisation.
- Observer depuis l’axe de la ligne : mettez votre regard à hauteur de la boule et imaginez l’aplomb, sans pousser la ficelle.
- Contrôler depuis un second angle : une autre personne se place à l’extrémité de la limite pour neutraliser la perspective.
Si la ficelle est enfoncée ou si la boule est collée à une planche, ne créez pas une mesure improvisée avec un mètre posé contre elle. La bonne procédure dépend de l’autorité présente et du type d’épreuve. Une contestation sérieuse se formule avant le déplacement de la boule, pas après.
Exemple de mène : une boule longe la ficelle sans sortir
La boule de l’équipe A roule en biais et s’arrête près de la ficelle latérale. Depuis le cercle, un joueur annonce qu’elle est dehors. Vu de l’extrémité du cadre, une bande de la boule reste pourtant du côté intérieur de l’aplomb. La boule est bonne. Elle peut être marquée, puis la mène continue.
Dans une autre situation, la boule franchit la ligne de fond et s’immobilise contre la planche d’arrêt. Si toute sa surface projetée se trouve au-delà de la ligne de perte, elle est nulle. Le contact avec la planche ne remplace pas l’analyse de la limite. La décision ne dépend pas du bruit du choc, mais de la position finale.
Ce qu’il faut retenir : une boule limite se juge après son immobilisation, avant toute mesure de points. Photographier ou déplacer la boule pour « mieux voir » peut détruire la preuve.
Quand l’arbitre doit-il intervenir ?
Appelez l’arbitre lorsque la limite est ambiguë, lorsqu’une ficelle a bougé, lorsque les équipes ne s’accordent pas ou lorsque la décision change le score de la mène. L’arbitre n’a pas besoin d’être appelé pour chaque boule proche d’une ligne si les joueurs peuvent appliquer clairement la règle, mais il doit pouvoir trancher un doute réel.
Les joueurs doivent éviter deux excès : déclarer la boule nulle trop vite ou transformer une vérification en procès. Une phrase utile suffit : « La boule est immobile, la limite est contestée, peut-on vérifier avant de la toucher ? » Cette formulation protège la partie et laisse à l’arbitre les conditions nécessaires pour décider.
Pour progresser, relisez le règlement FFPJP et observez les situations de terrain difficile. La règle devient plus facile quand l’équipe apprend à distinguer surface, limite et aplomb.
FAQ : ligne de perte et ficelle
Une boule qui touche la ficelle est-elle automatiquement nulle ?
Non. Il faut savoir si la ficelle est une véritable ligne de perte et vérifier si la boule a entièrement dépassé son aplomb. Un simple contact visuel ne suffit pas.
Les ficelles entre deux terrains sont-elles toujours des lignes de perte ?
Non. Les ficelles de séparation ne sont pas automatiquement des lignes de perte. Les lignes de fond et les limites extérieures du cadre ont un rôle différent selon la configuration.
Peut-on déplacer la ficelle pour mieux voir ?
Non, pas de sa propre initiative. Une ficelle déplacée doit être signalée à l’organisation ou à l’arbitre, qui décide de la vérification.
Qui décide si les joueurs ne sont pas d’accord ?
L’arbitre présent dans la compétition est l’autorité à saisir pour une décision technique sur le terrain. Gardez la boule immobile jusqu’à son intervention.
Une planche d’arrêt est-elle la ligne de perte ?
Pas nécessairement. Il faut identifier la limite réglementaire du cadre et l’éventuelle zone située entre la ligne de perte et l’arrêt de boules.
Références : règlement officiel FIPJP et règlement des équipements sportifs FFPJP.


